Le Français aujourd’hui Le Français en lycée professionnel

, par Bruno Girard

Le numéro 199 du Français aujourd’hui est consacré à l’enseignement du Français en lycée professionnel. Ce numéro (50 ans après celui encore présernt à notre mémoire de 1977) a été dirigé par Anissa Belhadjin, Maryse Lopez et Isabelle de Peretti. Il réunit une diversité d’articles de nombreux collègues, notamment de notre académie, qui permettent de faire un focus sur quelques grandes questions qui marquent l’enseignement du Français et des Lettres dans la voie professionnelle.

Les auteur.e.s y présentent un tableau historique et actuel des enjeux et pratiques qui traversent notre discipline.
Parcourue d’ambiguïtés dont elle est souvent victime, la voie professionnelle est aussi le laboratoire d’expérimentations pédagogiques qui sont souvent ambitieuses, et particulièrement dans la valence/discipline littéraire ou linguistique où se pose nécessairement la question du sens et de la motivation, comme deux piliers de toute mise en œuvre pédagogique. Le numéro fait un « état des lieux » de notre enseignement en traçant les grandes évolutions qui ont pu marquer l’histoire des publics enseignants et enseignés, l’histoire des programmes et la « disciplinarisation » progressive de la valence « lettres », et dessine les contours originaux de certaines pratiques de classe et de cours de quelques collègues.

Un premier article de cadrage, en lien avec cette réalité, insiste sur la « métamorphose permanente » de l’enseignement professionnel en s’intéressant plus particulièrement aux évolutions consécutives à la création du baccalauréat professionnel (1985). Pour Fabienne Maillard, en effet, malgré la création de ce diplôme censé revaloriser la voie professionnelle, des incertitudes demeurent, trente ans plus tard, quant à sa réelle valeur sur le marché du travail. Les articles proposés ensuite s’inscrivent dans deux perspectives didactiques différentes.

La première regroupe des réflexions qui abordent la discipline sous l’angle épistémologique. Tout d’abord, un article de collègues belges (Caroline Scheepers, Anne-Catherine Werner et Pierre Outers) est consacré aux représentations des enseignants et des élèves pour l’enseignement-apprentissage du français dans la filière qualifiante, qui peut délivrer des diplômes professionnels.

Ensuite, deux articles s’intéressent plus particulièrement aux objets disciplinaires. Stéphanie Lemarchand défend l’idée que le recours à des « textes résistants » permet parfois de lever les résistances à la lecture d’élèves qui se définissent comme non-lecteurs. Angeline Joyet et Gersende Plissonneau font le point sur l’enseignement de la grammaire en LP à partir d’un questionnaire et de quelques entretiens avec des enseignants de lettres-histoire. Il en ressort l’idée d’un « relatif contournement de l’enseignement grammatical » lié aux particularités d’un public en échec scolaire.

Enfin, dans un contexte où l’enseignant de français est bivalent (soit lettres-langues, soit lettres-histoire-géographie), l’article de Marie-France Rossignol propose la notion d’« intervalence » pour présenter une démarche articulant, sur les plans curriculaire et didactique, les deux valences enseignées.

La seconde perspective se situe du côté des pratiques. Massart et Perret examinent comment la lecture de films peut concourir, comme la littérature, à construire le rapport au monde et à la culture des jeunes. Florence Guittard interroge l’unité de la discipline « français » à partir du moment où un certain nombre de dispositifs lui sont adossés pour permettre d’accompagner le parcours des élèves. Les propositions d’Aline Chudy, Alexandre Baron et Gaëtan Férir s’inscrivent dans les multiples « tensions structurantes » qui traversent la discipline. Aline Chudy, en CAP, s’appuie sur la bivalence lettres/histoire-géographie pour motiver les élèves. Alexandre Baron intègre des techniques participatives de développement de la créativité pour approcher les objets d’étude du baccalauréat professionnel pour des élèves qui « entretiennent un rapport difficile avec le français ». Gaëtan Férir privilégie une approche culturelle comme « moyen de stimuler des jeunes qui sont en état de tension ou de crispation avec le système scolaire »

Voir en ligne : http://www.revues.armand-colin.com/...

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